Comme un large coup de hache éventrant le ciel coup pourtant d'une improbable douceur qui nous happe d'un seul murmure Comme un souffle emportant tout le savoir passé un vent venu de l'intérieur chasser les remugles de l'autrefois Comme une éruption silencieuse tapie dans les regards la coulée invisible d'une lave recouvrant nos chairs d'une onde noire
C'est un corps qui se love dans mon désert c'est un sarment de fièvre qui s'innerve à mes phalanges une falaise qui s'éboule à mes poignets noyés
C'est une barque qui tangue dans l'obscur c'est la soie d'une chevelure que je froisse infiniment une clarté de nuage au firmament des orties
C'est la longue clameur de l'aube c'est le chuchotis secret d'une source le feu mouillé d'un fruit qui se déchire
Comme une lune qui aurait tout oublié comme un fragment de ténèbre détaché du néant que nos yeux auraient perçu l'espace d'un instant Comme une grâce qui tombe prune mûre se blessant sur l'herbe ébahie de rosée et que je sauve dans le repli de ma paume Comme si le rêve n'avait été qu'interrompu ses images recousues dans la coulisse du temps Comme si nous en avions enfin trouvé la porte dérobée
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